Congrès Mondial des dirigeants locaux : les femmes veulent s'impliquer davantage


L'Economiste

2 octobre  2013

Mohamed Ali Mbrabi

- Au-delà des quotas, il faut renforcer la légitimité
- Anne Hidalgo appelle à construire des modèles de femmes/leaders politiques
- Elle a présenté ses priorités à la tête de la mairie de Paris

Pour Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, «le patron d’une ville doit être un chef d’orchestre d’un espace territorial, qui propose de nouvelles idées aux principales problématiques, notamment en matière de logement, de sécurité, de mobilité…»

Priorité aux femmes dans les ateliers du Congrès mondial des dirigeants locaux et régionaux (CGLU), organisé à Rabat du 1er au 4 octobre. En effet, les travaux parallèles de ce sommet ont démarré avec une première réunion dédiée à la place des femmes dans les assemblées élues. L’ouverture officielle est prévue aujourd’hui. «L’objectif de cette commission des femmes est de faire le bilan des réalisations et de déterminer les principales actions à mener dans le futur», a souligné Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, et présidente de la commission sur l’égalité des genres. Cette réunion s’est soldée par l’élaboration d’une déclaration commune, qui vise à «amplifier la participation des femmes dans les assemblées élues, notamment au sein du CGLU», a-t-elle avancé. Hidalgo a émis le souhait de voir au moins deux vice-présidentes dans la composition du nouveau bureau exécutif du Congrès. 

Globalement, la candidate à la course pour la mairie de Paris a estimé que des progressions ont été réalisées en matière de représentativité des femmes, notamment à travers des législatures imposant un quota pour les femmes. Néanmoins, beaucoup d’élues, qui arrivent dans les assemblées à travers ces quotas, sont confrontées sur le terrain à un manque de légitimité. Sauf que pour Hidalgo, «ce système est nécessaire dans la mesure où, même si ces femmes souhaitaient être élues pour leurs compétences, elles n’arrivent pas souvent à dépasser les éliminatoires au niveau de leurs partis politiques». C’est pour cela que beaucoup d’entre elles avaient fait leurs armes dans le milieu associatif ou professionnel, avant de se voir ouvrir les portes du monde politique. Aujourd’hui, «il est important de travailler sur la capacité des femmes à construire des modèles auxquels les jeunes peuvent s’identifier», a noté l’adjointe au maire de Paris. Elle a aussi appelé à mettre en place un Observatoire pour mesurer l’évolution de la présence des femmes dans les assemblées élues. Hidalgo s’est réjouie que la course à la mairie, qui sera tranchée dans 6 mois, soit menée par plusieurs femmes. Celle qui dit croire fort en ses chances d’être le successeur de Bertrand Delanoe à la tête de la mairie de Paris considère que le patron d’une ville doit être «un chef d’orchestre d’un espace territorial». Elle a aussi rappelé ses priorités pour la capitale française. Il s’agit notamment du logement, de la sécurité, de l’attractivité de la ville… Elle a également proposé des idées innovantes pour résoudre certaines problématiques. C’est le cas notamment pour la mobilité, qui «doit être améliorée en misant sur l’extension des lignes de tramway ainsi que sur les voitures électriques». Elle a également proposé «d’impliquer les citoyens dans le choix des affectations des budgets locaux pour les projets qui les concernent directement».

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